Jour 6 – Visite du parc des volcans et des coulées de lave actives du Kilauea


Ce que vous n’oublierez pas :
  • Le tunnel de lave de Thurston Lava tube
  • Randonnées sur les coulées de lave actives du Pu’u’o’o

Autant débuter cette journée tranquillement, parce que vous savez d’ors et déjà que celle-ci va être longue ! Cette nuit, vous allez jouer avec le feu !

Alors vous pouvez commencer par profiter des aménagements du parc de volcans. Une grande partie des lieux caractéristiques est accessible en voiture. Garez-vous sur le parking du Visitor Center et traversez la route en direction de l’hôtel Volcano House. Un court passage dans la forêt humide mène à l’entrée de l’hôtel. Le hall d’accueil est luxueux et son immense baie vitrée surplombe la caldera du Kilauea. Les clients contemplent les fumées du lac de lave depuis leur canapé ! C’est l’occasion pour vous de voir de jour, le chemin que vous avez parcouru en pleine nuit avec votre guide, et de se dire : « mais quelle chance j’ai eu de m’approcher aussi près d’une telle merveille ! ».

LE LAC DE LAVE VU DEPUIS JAGGAR MUSEUM
LE LAC DE LAVE VU DEPUIS JAGGAR MUSEUM

C’est au Jaggar Museum que la vue sur la zone éruptive est la plus spectaculaire. Depuis sa terrasse, le cratère est à portée de main. On l’atteint en voiture en quelques minutes, par une belle route goudronnée. Elle passe tout près de fumerolles qui sortent des buissons alentours. Si vous regardez bien autour de vous, vous apercevrez certainement des nénés qui se promènent paisiblement au bord de la route ou sur les pelouses des bâtiments. Cette espèce de bernache est un animal emblématique de Big Island.

La visite du parc se poursuit par la découverte du Thurston Lava Tube. Le parking se situe sur la lèvre du cratère du Kilauea Iki. Vue magnifique. Un court et excellent chemin conduit à l’entrée du tunnel de lave. On le traverse sur une bonne centaine de mètres. Les projecteurs éclairent sa voute qui atteint par endroit plus de cinq mètres de hauteur.

Ca suffira pour la matinée, car pour la suite des évènements, le rendez-vous avec la guide est fixé à 15h00. L’objectif est d’atteindre et de voir de près les coulées de lave actives qui descendent du Pu’u’o’o ! Vous savez donc à quelle heure vous partez, mais pour ce qui est du retour, la certitude, c’est que vous retrouverez la voiture quand il fera nuit noire depuis longtemps ! Il faut donc être un minimum prévoyant : un petit sac à dos contenant de quoi manger, deux litres d’eau par personne, une tenue complète (haut et bas) contre la pluie, des chaussures de randonnées (attention : pas de basquettes !) et une lampe frontale avec des piles neuves et des piles de rechange. Si vous n’êtes pas accompagnés par un guide, le GPS est très fortement recommandé, à moins d’avoir le sens d’orientation d’un indien.

La randonnée démarre à l’extérieur du parc des volcans. Il faut redescendre la route n°11 en direction de Hilo. A un peu moins de 14 km de l’entrée du parc des volcans, on tourne à droite sur South Glenwood road, et on la suit tout droit jusqu’à ce qu’elle s’arrête brusquement en pleine forêt. C’est ici qu’on laisse la voiture et que l’aventure commence. La route se transforme en chemin bien marqué, extrêmement boueux après un épisode pluvieux. Il traverse la forêt humide à l’horizontal pendant deux heures environ. L’itinéraire est balisé par des rubans en plastique attachés aux branches des arbres. De toute façon, il n’y a guère que sur le chemin que l’on peut marcher. La forêt est assez impraticable. Même en pleine nuit, il est facile à suivre.

La forêt s’arrête brutalement pour laisser la place au désert de lave. Quelques troncs calcinés servent de frontière à ce no man’s land. Droit devant se dresse le Pu’u’o’o et son lac de lave fumant. Il est facile de rejoindre cet endroit sans guide, d’autant plus qu’il n’y a aucune interdiction. Au-delà de ce point, c’est une autre histoire !

LE CRATERE DU PU’U’O’O DEPUIS LA FORET DE GLENWOOD
LE CRATERE DU PU’U’O’O DEPUIS LA FORET DE GLENWOOD

L’extrémité du chemin délimite l’entrée dans la zone interdite. Mais contrairement à l’intérieur du parc des volcans, il n’y a pas de patrouilles de rangers. Il faut cependant attendre patiemment que les rotations des hélicoptères cessent pour s’aventurer plus loin. Ils se succèdent à un rythme régulier et amènent les touristes survoler le lac de lave jusqu’au coucher du soleil si le temps est favorable (environ 18h). Si les pilotes vous repèrent, ils avertiront les gardes qui viendront vous cueillir à votre retour.

C’est donc entre chien et loup que la randonnée continue. Vous pouvez y aller seul, à condition d’être équipé d’un GPS, de savoir s’en servir et d’accrocher une frontale à l’entrée du chemin pour le repérer quand il fera nuit noire. Attention, le champ de lave est immense, et il est quasiment impossible de savoir à l’avance où se trouvent les coulées actives. L’avantage de partir avec un guide, est que lui vient pratiquement toutes les semaines et qu’il sait à peu près où elles se trouvent. Si cela peut vous rassurer, sachez que ce sont ces mêmes guides qui accompagnent officiellement les groupes de touristes des agences de voyages du monde entier, en parfaite légalité ou illégalité, suivant comment on considère les choses !

Le champ de lave du Pu’u’o’o est essentiellement constitué de coulées de type pahoehoe, ce qui facilite grandement la progression. Il faut marcher de plaques en plaques en optimisant le relief du terrain. Quand un chaos de blocs forme un promontoire, une petite séance d’escalade facile permet d’atteindre le sommet. De là-haut, chacun scrute de son mieux l’horizon à la recherche du premier point rouge. Et ainsi de suite.

Quand la lave est repérée, on fonce droit dessus, sans aucune conscience de la distance qui nous sépare de notre objectif. Peu importe, dans quelques minutes, vous allez voir la lave de près ! Effectivement, grâce au guide, la marche nocturne se termine au bord d’une coulée active. C’est très impressionnant. Tout d’abord parce que pour l’atteindre, il faut parfois marcher sur un sol encore chaud. Le fond des fissures est rouge sang et la chaleur monte dans les jambes. Il ne faut pas faire du surplace sous peine de laisser fondre les semelles de ses chaussures. On comprend très vite où se trouvent les endroits où il ne faut pas s’attarder. Quand le front de la coulée est atteint, c’est absolument fantastique. La lave progresse doucement, par à-coups. Des bulles solidifiées éclatent à tour de rôle et déversent la lave en fusion qui se fige petit à petit. C’est comme ça que la coulée progresse. La lave est tellement chaude qu’elle est presque blanche.

UNE BULLE DE LAVE
UNE BULLE DE LAVE

  


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