Jour 12 – Snorkeling à Kealakekua bay et raies manta à Keauhou


Ce que vous n’oublierez pas :
  • Le snorkeling dans la baie de Kealakekua
  • Nager avec les raies manta de Keauhou en pleine nuit

La baie de Kaelakekua est un des spots les plus réputés de l’île pour pratiquer le snorkeling. Et qui dit réputation, dit aussi fréquentation. Alors pour profiter librement de ce bel endroit, autant arriver le plus tôt possible. A partir de 9h, les excursions organisées envahissent le site.

Il existe trois façons de se rendre sur place. A pied, en kayak ou en bateau. Les trajets en kayak ou en bateau passent obligatoirement par l’intermédiaire d’une agence. La location d’un kayak biplace coûte au minimum 50 US$ la journée. Un aller/retour en bateau varie entre 100 et 150 US$ par personne. Il faut aimer l’organisation à l’américaine : gros catamaran avec barbecue on board, toboggans et plongeoirs, pour une cinquantaine de touristes qui se jettent à l’eau en même temps avec l’équipement de base : masque, tuba et frite ! Heureusement, ils restent tous autour de leur bateau, ce qui laisse finalement pas mal de place pour les autres. Au coup de sifflet, tout le monde remonte sur le pont pour la séquence bronzage, grillade, bière et animation. Depuis peu, les autorités ont imposées des quotas journaliers, ce qui limite heureusement la présence des bateaux (pas plus de deux ou trois en même temps) ainsi que le nombre de kayaks. Il n’y en a d’ailleurs presque plus. Les départs des excursions ont lieu depuis l’extrémité de la Napo’opo’o road.

Le moyen le plus simple est donc de descendre à pied. Le chemin est libre d’accès. Voici comment trouver le point de départ : depuis le camping de Ho’okena, il faut rejoindre encore une fois la route n°11 et la suivre en direction du Nord, jusqu’à la ville de Captain Cook. Entre les miles 110 et 111, 250 mètres après la station-service Aloha, prendre à gauche la route en épingle à cheveux et descendre la Napo’opo’o road (il y a un panneau) sur 250 mètres, Arrêtez-vous un peu avant la première entrée privée qui monte sur la gauche. Il faut bien respecter les panneaux d’interdiction de se garer sinon les gens du coin ne vous feront pas de cadeau. Il n’y a pas beaucoup de place, c’est une raison de plus pour venir tôt. On peut laisser la voiture là où il y a les indications « parking on shoulders », en vrac sur le bas-côté de la route.

Le chemin démarre juste en face et descend droit vers l’océan entre les hautes herbes. Les premiers mètres sont entretenus, puis petit à petit, ça devient un peu la savane. L’avantage, c’est que la végétation procure un peu d’ombre. Quoi qu’il en soit, ce n’est pas possible de se perdre ! Au bout d’une demi-heure, le chemin débouche au sommet d’une coulée de lave, et la vue se dégage d’un seul coup. Ce point correspond à la moitié du parcours. Il reste encore deux cents mètres de dénivelée à descendre pour atteindre le bord de l’eau.

Le sentier est toujours bien marqué mais pas vraiment praticable en tongues. En bas, il n’y a absolument rien. Prenez deux litres d’eau par personne et de quoi manger car au milieu de la journée, le soleil ne tape pas un maximum ! Le bord de l’eau est bien ombragé. Mais il n’y a pas de plage. La côte est entièrement rocheuse. Le meilleur endroit pour se mettre à l’eau se trouve devant le monument commémoratif de la mort du Capitaine Cook. Il y a une échelle pour descendre. Les champs de coraux sont particulièrement riches à cet endroit. Les poissons sont nombreux et plus gros qu’ailleurs. Les tortues nagent à quelques mètres du rivage.

TORTUE VERTE D’HAWAII
TORTUE VERTE D’HAWAII

Bien que la baie soit protégée des courants, ne vous approchez pas du bord car si le ressac vous jette sur les rochers, vous êtes bon pour l’hôpital. Le simple fait d’appuyer une main sur les récifs coupe la peau comme un rasoir.

POISSON TROMPETTE
POISSON TROMPETTE

La clarté de l’eau est frappante. On voit les poissons depuis le bord. Mais si on longe la côte vers la gauche, la visibilité change. Cela vient des sources d’eau froide qui proviennent du fond et qui se mélangent à l’eau tiède. Il y a peu de nageurs qui partent dans cette direction, et pour cause, il ne fait vraiment pas chaud ! La baie est également réputée pour la présence régulière des dauphins. Ce serait même une de leur pouponnière favorite. Cette rumeur est difficile à confirmer car pour y être allé plusieurs fois, on n’en a jamais vu la queue d’un !

POISSONS DE RECIF A KEALAKEKUA
POISSONS DE RECIF A KEALAKEKUA

Les passionnés d’histoire prendront soin de lire la plaque fixée au pied du petit monument érigé en mémoire de l’explorateur James Cook qui se fit massacrer à cet endroit précis par les indigènes en 1779. L’obélisque est entouré de chaînes qui symbolisent une minuscule parcelle ouverte sur la mer. Curieusement, cette frontière n’a rien de virtuelle, car si vous pénétrez à l’intérieur de ce périmètre, vous quittez les Etats-Unis et vous vous retrouvez en Angleterre en l’espace d’une simple enjambée ! Ce lieu a en effet été rétrocédé officiellement au Royaume-Uni en hommage à ce capitaine de la Royal Navy qui découvrit ces îles.

La remontée demande une bonne heure d’effort, souvent en pleine chaleur. Economisez vos forces, car la journée est loin d’être terminée ! La suite des évènements se déroule un peu plus au Nord, près de l’agglomération de Keauhou. C’est ici qu’on peut assez facilement approcher les raies manta. Voici le mode d’emploi pour les voir de près. Ce n’est pas compliqué, il faut juste oser se lancer. En revanche, l’expérience est absolument exceptionnelle !

Les raies manta sont des raies géantes inoffensives qui se nourrissent exclusivement de plancton. Elles ne mangent jamais de nageurs. On peut les approcher de très près quand il fait nuit noire, les soirs de nouvelle lune étant bien entendu les plus favorables. L’obscurité, l’océan, la taille de ces animaux pourraient peut-être vous effrayer, mais vous allez vous rendre compte qu’il n’y a pas de risque.

Les raies manta

La raie manta est la plus grande des espèces de raies connues à ce jour. Les plus gros spécimens mesurent sept mètres d’envergure et pèsent plus de deux tonnes. Sa durée de vie est estimée à une cinquantaine d’année. Malgré sa taille, elle est capable de nager à plus de 25 km/h, ce qui limite fortement le nombre de ses prédateurs. A part les grands requins et les orques qui tentent parfois de s’y attaquer sans grand succès, elle ne craint pas grand-chose. Les raies manta sont cependant menacées à cause de la surpêche et de leur faible taux de fécondité : un petit tous les cinq ans, qui arrive à maturité seulement à l’âge de 15 ans minimum !

Il existe plusieurs moyens pour les voir de près ou de loin. La version facile et gratuite consiste à se rendre au Sheraton Kona Resort & Spa de Keauhou Bay. Cet hôtel de luxe est posté à la pointe de la falaise qui ferme la baie de Keauhou. Vous pouvez entrer librement à l’intérieur, visiter les lieux, admirer les magnifiques photos exposées dans les halls et avoir un petit aperçu du goût que peut avoir le tourisme de luxe. Vers 19h30, les clients de l’hôtel, et vous aussi par la même occasion, délaissent les salons et les transats pour venir s’accouder aux balustrades qui dominent l’océan. C’est à peu près à cette heure-là que de puissants projecteurs éclairent la côte. Ils s’allument automatiquement tous les soirs, dès que l’obscurité est suffisante, que la nuit soit sans lune ou non, et s’éteignent entre 23h et minuit. La lumière attire de grandes quantités de plancton qui viennent se concentrer aux pieds des falaises. Les raies manta ne tardent pas à repérer la source de nourriture et viennent tournoyer gracieusement sous les yeux des touristes qui sirotent leurs cocktails. C’est magnifique, c’est gratuit, mais les raies sont un peu loin.

Pour les voir de plus près, de nombreuses agences proposent des sorties en mer quotidiennement. Vous embarquez dans un bateau à la tombée de la nuit au petit port de loisirs de Keauhou, et ils vous emmènent juste en face du Sheraton pour jeter l’ancre pendant une bonne heure. Quand le moment est venu, tous les participants enfilent une combinaison néoprène, un masque et un tuba et se mettent à l’eau. Une quarantaine de personnes se retrouvent ainsi accrochées à une corde, une frite sous le ventre, à scruter le fond de l’eau en attendant que les raies approchent. Il n’y a en général pas plus de deux ou trois bateaux par soirée. Ils sont équipés de projecteurs qui font venir les raies vraiment très près des nageurs. C’est impressionnant. Par contre l’expédition coûte chère. Il faut compter une centaine de dollars par personne.

Mais que diriez-vous d’aller voir ces splendides animaux par vous-même ? C’est de loin une aventure qui vous marquera pour longtemps ! Alors on va vous expliquer comment faire. Tout d’abord, une petite reconnaissance de jour s’impose. Garez-vous sur le parking du Sheraton et rejoignez l’entrée principale. Sans rentrer dans l’enceinte de l’hôtel, il faut traverser le passage piéton et emprunter la voie bétonnée pour rejoindre la côte une centaine de mètres plus loin. Le meilleur endroit pour se mettre à l’eau se trouve près d’une petite maison privée, juste en face d’un petit rocher isolé qui émerge à quelques mètres du bord. Une échelle métallique permet de descendre depuis les blocs de lave, pour se baigner en toute sécurité. Si le ressac vous semble trop violent, alors il est préférable de se mettre à l’eau depuis le petit port qui se trouve trois cents mètres plus à droite.

LIEU D’OBSERVATION DES RAIES MANTA
LIEU D’OBSERVATION DES RAIES MANTA

Pour nager la nuit, il n’y a pas besoin de matériels vraiment particuliers, mis à part les traditionnels palmes, masque et tuba. Si vous êtes frileux, une combinaison shorty est confortable car vous allez rester dans l’eau entre une à deux heures, mais ce n’est pas indispensable. Si vous êtes avec des enfants, la combinaison est vraiment recommandée car ils résistent beaucoup moins longtemps au froid que les adultes. Par contre, il faut bien évidement être équipés de lampes étanches. Elles servent à voir à peu près clair pendant le trajet, à se signaler auprès d’éventuels bateaux et surtout à créer son propre faisceau de lumière pour attirer le plancton et faire monter les raies autour de soi. Pour les deux premières raisons, une lampe pour deux est suffisante, mais pour que le plancton arrive en masse, plus il y a de lampes, meilleur c’est !

Ah ? Vous n’avez pas emporté de lampes étanches dans vos bagages ? Pas de problème, c’est possible d’en louer à la journée dans un magasin de sport de Kailua Kona, chez Jack Diving Locker’s, 75-5813 Ali'i Drive (pas très facile à trouver). 10 US$ la lampe pour une location de vingt-quatre heures. Le magasin est ouvert tous les jours de 8h à 18h. Vérifiez que les piles des lampes ne sont pas à bout de souffle.

CARTE JACK DIVING
CARTE JACK DIVING

Avant de se jeter dans les eaux sombres, même si c’est un peu tôt, prenez votre repas du soir car lorsque vous sortirez de l’eau, la majorité des restaurants seront fermés. Calculez votre coup pour être en tenue sur la terrasse du sheraton aux alentours de 19h. C’est assez marrant de se retrouver en shorty, aux milieux des clients de l’hôtel qui sont, eux, en tenue de soirée ! Dès que les projecteurs s’allument, c’est le moment de foncer et de se jeter à l’eau. C’est prudent d’accrocher une lampe frontale tout près de votre point de départ et de la laisser briller avec une lumière rouge. Cela vous servira au retour, à retrouver l’endroit où il faut remonter sur les rochers.

Une fois dans l’eau, contournez la pointe pour nager sur à peine deux cents mètres et arrêtez-vous face à l’hôtel. Prenez soin de vous tenir loin des rochers. Même si il n’y a pas de courant dans ce secteur, la houle est toujours présente. Rassurez-vous, vous ne serez pas seuls. Il y a toujours deux ou trois bateaux qui sont déjà sur place, plus quelques rares autres personnes qui ont osé faire comme vous. Ne vous approchez pas à moins de cinq mètres des bateaux, sinon les accompagnateurs vous demanderont poliment de vous éloigner. Les raies ne tardent pas à arriver. Elles sont d’abord attirées par les puissants projecteurs des bateaux braqués vers le bas. Elles remontent à la verticale des faisceaux en avalant un maximum de plancton. Elles font demi-tour au dernier moment et replongent vers le fond, puis recommence inlassablement leurs allers-retours. Quand le plancton commence à se faire rare, elles changent de place et rejoignent le faisceau lumineux le plus attirant. Rassemblez vos lampes pour concentrer le plus de plancton possible. Quand une raie aura repéré votre faisceau, elle va « l’avaler » depuis le bas jusqu’en haut. Et quand on dit jusqu’en haut, ce n’est pas une plaisanterie : la raie fait un demi-tour tout en douceur, à dix centimètres de votre visage. Elle vous frôle au ralenti. Il arrive même qu’elle vous touche, ou plutôt qu’elle vous caresse ! Elles font plus de deux mètres d’envergure et volent droit sur vous, la gueule grande ouverte. Ce n’est absolument pas dangereux, mais c’est très impressionnant. On ne risque rien, mais il ne faut pas bouger, ne pas faire de mouvements brusques, ni se mettre en travers de leur route.

Les bateaux relèvent l’ancre au bout d’une heure. Même si le spectacle est vraiment hallucinant et même si on rêverait de rester là toute la nuit, c’est le froid qui prend le dessus et qui vous oblige à faire demi-tour. Comme à l’aller, tenez- vous à une distance respectable de la falaise et gardez un œil sur les rares bateaux qui pourraient passer dans les parages. Dès que vous apercevez votre lampe rouge, ne vous précipitez pas dessus. Continuez à nager au large et rejoignez le point rouge quand vous arrivez à sa hauteur. Si vous estimez que le ressac est trop fort pour remonter sur les rochers sans se faire mal, ne prenez pas de risque, et poursuivez jusqu’au port. Soirée exceptionnelle ! A faire absolument, même si il faut en prendre un peu sur soi pour vaincre ses appréhensions de l’obscurité, de l’océan, de la proximité avec ces raies géantes. Expérience fantastique, très facilement réalisable, même avec des enfants, pour peu qu’ils aient l’esprit un peu aventurier. Vous rentrerez au camping fièrement, avec des images magnifiques plein les yeux, heureux d’avoir tenté une telle expédition !


  


Guide de voyage Hawaï - Copyright Jean-François Gueux