Jour 4 – Transfert sur Big Island et entrée dans le parc des volcans


Ce que vous n’oublierez pas :
  • L’arrivée sur Big Island
  • Le camping du parc des volcans
  • Le Kilauea
  • Le lac de lave de l’Halema'uma'u

Le retour à l’aéroport d’Honolulu se fait en taxi, comme à l’aller. Prévoyez une demi-heure de trajet quel que soit le moment de la journée. Les formalités d’enregistrement sont assez longues si il y a du monde, alors pour être tranquille, présentez-vous deux heures avant le départ. Savez-vous qui est né à Honolulu le 4 Août 1961 ? Barack Obama ! Le chauffeur de taxi ne manquera pas de vous montrer l’école dans laquelle il a grandi jusqu’à l’âge de six ans.

Le vol entre les deux îles dure moins d’une heure. L’avion a juste le temps d’atteindre son altitude de croisière avant de redescendre. L’aéroport de Hilo est minuscule, et les bagages sont vite réceptionnés. On se retrouve aussitôt dehors, face à l’alignement des agences de location de voitures. Le temps de présenter son voucher, de charger son véhicule, c’est parti pour l’aventure ! Doucement quand même. Vous êtes aux Etats-Unis, alors toutes les voitures ont des boîtes de vitesses automatiques. Si c’est votre première expérience, demandez les explications de base à votre loueur et faites-vous la main sur le parking avant de vous lancer dans le flot de la circulation. Les débuts sont forcément un peu déstabilisants, mais on s’adapte très rapidement au changement d’habitude. La conduite est bien plus simple que celle de nos véhicules classiques.

Une petite astuce qui vous évitera peut-être un moment de panique. S’il arrive que votre voiture refuse de démarrer malgré plusieurs tentatives, mettez-vous au point mort, appuyez à fond sur le frein, passez la marche avant, et tout rentre dans l’ordre. C’est le genre de blague qui arrive toujours dans les endroits perdus, où il n’y a personne pour vous venir en aide !

Direction le parc des volcans ! En sortant de l’aéroport, on tombe forcément sur Kanoelehua avenue. Impossible de la manquer, c’est une des rares grandes routes de l’île. Prendre à gauche et continuer toujours tout droit. Très rapidement, cette deux fois trois voies longe une zone commerciale où se succèdent les supermarchés, les stations-services, les fast-foods. C’est le meilleur endroit pour faire les grosses courses pour les jours à venir, faire le plein d’essence pour la voiture et éventuellement le réchaud. Passé ce point, il n’y a plus rien jusqu’à la ville de Captain Cook (1h30 à 2h de route) ! Normalement, vous devriez repartir avec un coffre plein à craquer !

La suite de l’itinéraire est simple. Il suffit de suivre la route n°11 qui fait le tour de l’île par le Sud. Elle monte régulièrement sur une trentaine de milles pour passer du niveau de la mer à l’altitude de 1200 mètres environ. La végétation et le temps change au fur et à mesure que l’on s’élève. S’il pleut, pas de panique, rien ne dit que cinq cents mètres plus loin il ne fait pas grand soleil. On laisse sur sa droite le village de Volcano, que l’on devine uniquement parce qu’il est indiqué. Ce village est tout petit. On y trouve le minimum vital pour survivre, ainsi que de nombreux hébergements. Quelques kilomètres plus loin, on dépasse l’entrée du fameux parc des volcans, puis la route qui monte au Mauna Loa et enfin, sur la droite, l’entrée du Namakanipaio Campground. Immanquable. Un grand panneau est là pour le signaler.

Le camping est ouvert 24h/24h. Les réservations n’étant pas acceptées, installez-vous où bon vous semble. Les emplacements du fond permettent de garer la voiture à côté de la tente. C’est très pratique, mais ils sont un peu plus chers. Le terrain est plat et hyper confortable. Il y a un bloc de sanitaires avec un point d’eau mais pas de douche, ni d’eau chaude. Une sorte de grande hutte couverte permet de manger à l’abri de la pluie au cas où. Montez bien proprement votre tente, car à cette altitude (1200 mètres), qu’il fasse beau ou pas, tout est trempé au matin, tant que le soleil ne s’est pas levé. Suivant votre heure d’arrivée, vous pouvez faire un petit tour autour du camping. Derrière les sanitaires, des petits chemins serpentent entre de grosses fissures d’où se dégage une odeur de soufre. Un petit avant-goût de ce qui vous attend ! Un peu plus loin, la vue sur le plateau volcanique est immense. La grosse masse sombre qui ressemble à une vulgaire colline aplatie est en fait le Mauna Loa. C’est le deuxième plus haut sommet de l’île, et malgré les apparences, il vous domine de plus de trois mille mètres ! Au loin, on aperçoit aussi les télescopes géants qui brillent au sommet du Mauna Kea. Si vous voulez profiter de la lumière du jour pour manger, il faut faire vite, car à partir de 18h30, il fait nuit noire et la fraîcheur se fait vite sentir.

LE MAUNA LOA VU DEPUIS NAMAKANIPAIO CAMPGROUND
LE MAUNA LOA VU DEPUIS NAMAKANIPAIO CAMPGROUND

Pour manger chaud, il y a des barbecues aménagés. Mais il faut avoir prévu du charbon de bois ou une hache pour récupérer des arbres morts ! A vous de voir si vous avez envie de jouer aux aventuriers tout de suite ! Le plus pratique consiste à utiliser un réchaud à gaz ou à essence. Les réchauds à essence sont chers à l’achat mais servent dans tous les pays du monde et par n’importe quelle température. Les réchauds à gaz sont très pratiques et peu coûteux mais les cartouches ne sont malheureusement pas universelles et il est interdit d’en transporter dans les avions. Le standard US est évidemment différent du format européen. Ici, les cartouches de butagaz sont introuvables. Il faut utiliser un réchaud Coleman, avec les recharges compatibles que vous devez forcément acheter sur place.

Si vous avez bien organisé votre voyage, vous aurez pris la précaution de fixer un rendez-vous à un guide local pour faire un tour dans le parc des volcans et voir ce qui n’est pas accessible au visiteur de passage. Vous êtes sur les pentes du Kilauea, un des volcans les plus actifs du monde ! Depuis 2008, deux lacs de lave sont en ébullition permanente, et les coulées actives se déversent régulièrement sur plusieurs kilomètres, en brûlant les forêts, en recouvrant les routes. Ces lieux spectaculaires sont parfois interdits d’accès, parfois non, selon les conditions. Mais que ce soit permis ou pas, si vous voulez tenter l’aventure, il y a moyen de s’en approcher de très près. Le spectacle et l’ambiance sont évidemment exceptionnels. Si cela vous rassure, des agences de voyages françaises emmènent leurs clients exactement aux mêmes endroits, dans la plus parfaites illégalité. Ce qui compte, c’est de ne pas se faire prendre. Nous vous donnons les clés pour y aller par vous-même, mais bien accompagnés, tout de même ! Voici l’adresse mail d’une personne à contacter avant votre départ : hawaiidiscovery@gmail.com. La guide s’appelle Fabienne. Elle parle aussi bien le français que l’anglais et est plus que sympathique ! Elle connait parfaitement les lieux et accompagne entre autre les agences de voyages qui prennent la responsabilité d’amener leurs clients sur les points chauds. Le prix se discute sur place. Il dépend des conditions, du nombre de personnes, et de l’objectif. Il est possible de se joindre à un groupe déjà constitué pour diminuer les coûts. Le paiement se fait à l’arrivée, en liquide.

Nous vous conseillons de fixer un rendez-vous dès le premier jour de votre arrivée, pour préparer le programme, en fonction de l’activité volcanique, de la météo, et des disponibilités de chacun. 19h, c’est la bonne heure pour se rencontrer au camping. A partir de ce moment-là, attendez-vous aux surprises ! Et oui, les volcans se visitent la nuit ! Alors, ne soyez pas étonnés si vous embarquez pour une aventure incroyable quelques heures plus tard. Cela peut prendre la forme suivante : la première soirée est réservée à l’observation du lac de lave de l’Halema'uma'u ! Vraiment ? Déjà ? Mais on vient juste d’arriver ?!

Il ne faut pas hésiter une seconde. Si les conditions sont bonnes, foncez ! C’est comme ça que vous vous retrouvez, à moitié endormi, devant un hôtel de Volcano aux alentours de 22h en train de préparer une expédition aussi secrète que nocturne. La tenue noire intégrale est de rigueur. Fabienne peut prêter des vêtements au cas où. Bien que les lampes frontales ne servent à rien, il en faut une par personne. On prend la précaution d’obturer les flashes des appareils photos avec du scotch noir, et on règle les masques à gaz. Quand les préparatifs sont terminés et que l’adrénaline a déjà bien commencé à monter, tout le monde embarque dans la voiture, direction le parc des volcans. Tout le monde, cela signifie votre groupe, plus Fabienne, plus son ami chauffeur.

A cette heure-ci, le poste de garde est vide et le passage est libre. Le chauffeur donne ses recommandations : conduire tranquillement, comme un touriste en train d’admirer le paysage. Il surveille attentivement les quelques voitures qui se promènent, afin de s’assurer que ce ne soit pas des rangers en patrouille. Il connait toutes les voitures par cœur. Après avoir fait des tours et des détours dans le dédale de routes du parc pour vérifier qu’il n’y a pas de surveillance, voilà le moment de s’éjecter du véhicule. Arrêt express sur un parking, tous feux éteints, et course en ligne droite pendant une minute pour échapper aux phares d’une patrouille éventuelle. Le chauffeur repart de son côté avec votre voiture. Et vous vous retrouvez d’un seul coup au calme sous les étoiles, dans le silence le plus complet. Il n’y a plus qu’à suivre le guide, sur la route goudronnée de Crater Rim Drive. C’est plat, paisible. Le paysage est immense, avec au milieu, le cratère fumant. Il faut une petite heure pour l’atteindre. A quelques centaines de mètres du volcan, les vapeurs de soufre commencent à irriter un peu la gorge. C’est le moment d’enfiler les masques à gaz. Sans cet équipement, il n’est pas possible de s’approcher plus près. Un bon chemin mène au bord du cratère. La curiosité est au maximum. Va-t-on vraiment apercevoir ce qu’il y a au fond, ce qui colore la fumée en rouge à ce point ?

AU BORD DU LAC DE LAVE
AU BORD DU LAC DE LAVE

Incroyable : le chemin s’arrête à un mètre du bord de la falaise, et de là, le regard plonge sur le fameux lac de lave qu’on n’est censé voir qu’en photo ! Le point de vue est fantastique, il n’est pas possible d’être mieux placé. La surface du lac est en mouvement perpétuelle et renvoie des bouffées de chaleur qui chauffent les visages. Lorsque des portions de falaise s’effondrent dans la lave, les éboulis sont immédiatement engloutis et provoquent des gerbes d’éclaboussures qui n’en finissent pas. Aucun problème pour filmer ou prendre des photos. Etant donné que l’activité du lac varie sans cesse, on ne s’attarde pas trop longtemps sur ses berges, d’autant plus que les yeux piquent un peu !

LE LAC DE LAVE
LE LAC DE LAVE

Le retour s’effectue par le même chemin, avec en tête la certitude que l’on vient de vivre un moment rare. Vous n’en reviendrez pas ! Pour être bien certain que les rangers n’attendent pas sur le parking, le guide vous fait rentrer par la forêt. Arrivés au bord de la route, le chauffeur est prévenu par téléphone du point de rendez-vous, et vous cueille au passage.

La soirée s’achève avec des images plein la tête. Vous retrouverez votre tente vers une heure du matin, et c’est avec plaisir que vous vous glisserez dans votre duvet.


  


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