Charte du voyageur responsable

Nos envies de voyage et de découvertes sont plus fortes que tout, on le sait. Les voyages sont essentiels, ils nous nourrissent de culture, de souvenirs et de rencontres. Dans un monde toujours plus divisé, traverser le monde nous permet d’apprendre des autres et nous aide à nous rassembler.
Le confinement nous l’a démontré, le tourisme fait vivre des milliers de personnes aux 4 coins du globe. Des professionnels et des familles entières avides de nous transporter dans leur univers fabuleux et si singuliers.

Malgré nos bonnes intentions, nous ne pouvons oublier que le monde change. Notre façon de vivre – et de surcroît, de voyager - impacte fortement notre planète depuis des siècles. La carbonisation des airs provoquée par le transit des milliers d’avions chaque jour, les complexes gigantesques qui ravagent l’environnement, la pollution des eaux, la destruction des espaces naturels… Bref, la facture de nos voyages est astronomique pour notre planète, qui en paie le prix fort.
Ces conséquences dramatiques sont si nombreuses que nous, amoureux de voyage, ne pouvons continuer de les ignorer. Parce que nous aimons la nature et ses richesses, il est de notre devoir de la préserver. De plus en plus d’alternatives émergent pour nous aider à voyager durablement et offrir aux espaces fragilisés un répit bien mérité.

Aujourd’hui, nous vous proposons une liste de recommandations pour transformer votre façon d’explorer le monde et adopter les bons réflexes lorsque vous êtes à l’étranger.

Selon l'OMT (Organisation mondiale du tourisme) on nomme tourisme durable, un tourisme « qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l'environnement et des communautés d'accueil ».
En d’autres termes, le tourisme durable se donne pour mission de préserver durablement l’environnement et les ressources (naturelles et patrimoniales). Pour cela, le voyageur conscient de son impact sur l’environnement, fera tout son possible pour en minimiser les effets négatifs.

Dans la démarche du tourisme durable, on reconnaît plusieurs familles qu’il faut savoir nuancer :

Le tourisme équitable : on pense tout de suite au commerce équitable, c’est bien normal. Cette démarche s’engage pour une rémunération plus juste des communautés locales. Pour ce faire, le voyageur est attentif aux labels et au travail associatif. Il consomme également des produits locaux ou issus de l’artisanat.

L’écotourisme : en immersion totale dans la nature environnante, l’écotouriste voyage en autonomie ou intègre une communauté d’accueil. Dans ce cas, la venue du voyageur doit être une source financière viable pour la communauté. Cette démarche profondément respectueuse de l’environnement, s’assure également du bien-être des populations locales.

Le tourisme communautaire : la particularité du tourisme communautaire est que l’accueil est intégralement géré par les populations locales. Le voyageur est immergé le mode de vie de ses hôtes, il s’imprègne de la culture et des contraintes en respectant leurs spécificités. Le voyageur participe alors au maintien d’un mode de vie local et d’une culture.

Le slow tourisme : souvent associé au tourisme « hors des sentiers battus », le slow tourisme consiste à découvrir une destination à son propre rythme ou plus particulièrement, sans se presser. Le voyageur se laisse aller à la découverte et à la rencontre des populations locales, tout en réduisant considérablement son impact tout au long de son itinéraire. Érigé à titre de mode vie dans de nombreux pays du monde, le slow tourisme invite à délaisser tous les transports « express » en faveur des petites routes et recommandations des habitués « hors des sentiers battus », d’où son surnom.

Le tourisme solidaire : tourné en faveur de la vie locale, ce concept prône la solidarité entre le voyageur et les locaux. Diverses participations du voyageur (ou du voyagiste) sont reversées pour le développement économique et/ou social des habitants. Bon à savoir, la finalité de cette démarche étant l’amélioration de leurs conditions de vie, les communautés locales sont partie prenante de ces projets.

Le tourisme responsable : le voyageur pratiquant un tourisme responsable se veut « engagé & autonome ». Il s’agit en effet d’une démarche volontaire visant à minimiser autant que possible son impact sur l’environnement et la vie locale. Le tourisme responsable semble le plus abordable pour qui souhaite pratiquer un tourisme durable pour la première fois.

Par transport durable ou écologique, nous entendons « écomobilité ». Ce terme désigne simplement le fait d’utiliser un moyen de transport plus doux, limitant au maximum les émissions de gaz à effet de serre.
Car ce n’est pas un secret : les moyens de transports traditionnels (motorisés) nuisent à l’environnement !
D’après l’OCDE (l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques), un transport durable est un transport qui :

- respecte les besoins de mobilité
- ne met pas en danger les écosystèmes et la santé publique

- est compatible avec une utilisation des ressources renouvelables à un taux inférieur à celui nécessaire à leur régénération
- est compatible avec une utilisation des ressources non renouvelables à un taux inférieur à celui nécessaire à la mise au point de ressources renouvelables de remplacement.

À la maison comme en voyage, privilégiez toujours l’écomobilité. Choisissez la marche, le vélo ou encore le train.
Responsabilisez vos déplacements, demandez-vous si votre trajet ne pourrait pas se faire autrement, tout en étant aussi – voire plus – agréable ? Enfin et si aucune alternative ne s’offre à vous, préférez les transports en commun aux véhicules individuels.

Voyager en vol direct : cela ne fera pas forcément une grosse entaille dans votre budget voyage, mais cela fera une grande différence pour la planète. Plus précisément, en termes d’émission de gaz à effet de serre ! Logique, prendre 1 ou 2, 3 avions pour arriver à une même destination… Le bilan carbone devient tout de suite catastrophique.

Voyager léger : pour réduire la consommation de carburant, quel que soit le moyen de transport choisis. Car, dans un avion rempli à bloc, il se produit le même effet de surconsommation que dans une voiture surchargée.

Jamais sans votre gourde : je le répéterai sans cesse jusqu’à ce que cet objet soit un indispensable pour les sédentaires et les voyageurs ! Utiliser une gourde, c’est fermer la porte aux bouteilles en plastique, à la pollution des sols et des océans.

Prendre les transports en commun : bye bye les locations de voiture individuelles qui polluent et sont de vrai gouffre en consommation de carburant. Se déplacer en transports en commun permet de réduire notre empreinte carbone (individuelle et collective). Efficaces mais pas redoutables pour autant, car les meilleurs moyens de transport restent encore la marche et le vélo.

Emmener un sac en tissu réutilisable : nos meilleurs amis du quotidien nous accompagnent jusqu’en vacances. Qui l’eut cru ? Le rituel des courses est international, comme les sacs en plastique qui campent sur leur position. Alors, un tote bag dans la valise et l’affaire est dans le sac.

Choisir les cosmétiques solides : vous vous souvenez de cette fois où votre gel douche s’est rependu dans votre valise ? Ou la crainte de voir votre shampoing tapisser vos affaires ? Mettez ces mésaventures ou ce stress de côté avec les cosmétiques solides. Savon, shampoing, dentifrice… Presque tous les produits de la salle de bain se retrouvent sous ce format pratique, économique et écologique.

Attention aux crèmes solaires : on n’y pense jamais, pourtant la crème solaire figure parmi les grands polluants de la période estivale (et des destinations où il fait beau toute l’année). Pour cause, les composants des crèmes solaires « classiques », bons marchés et non-biologiques se déversent directement dans la mer après nos plongeons. Choisissez toujours des crèmes solaires biologiques, en pharmacie et respectez rigoureusement les dates de péremption, pour votre santé et celle de la planète.

Éviter autant que possible les activités impactant négativement l’environnement, générant des déchets ou une décroissance économique et sociale. Considérez également comme proscrites toutes les activités nuisant au bien-être animal. Voici quelques exemples d’activités à délaisser (pour de bon) :

- Les croisières
- Les centres aquatiques
- Les parcs d’attraction
- Les balades à dos d’animaux
- Le jet-ski, le scooter, le quad ou la motoneige

Ajouter une bonne dose de responsabilité à vos activités ! Même une activité a priori durable peut se révéler ne pas l’être en tout point. Selon les conditions de traitement des animaux (ex : balade en chien de traîneau ou à cheval) ou encore l’émission de déchets (ex : randonnée avec jet d’emballage dans la nature). Assurez-vous donc que votre activité est douce et responsable du début à la fin et surtout, que vos agissements sont en accord avec cette démarche. Pour vous aiguiller, voici quelques exemples d’activités à envisager :

- Cyclotourisme
- Canoë, paddle, kayak et bateaux à voiles
- Trekking ou randonnée
- Activité responsable dispensée par un guide local et certifié.

Manger moins de viande : même en voyage, on n’oublie pas les bonnes pratiques pour sa santé et l’environnement ! La production de viande figure parmi les plus polluantes de l’agriculture - et du monde. Diminuer autant que possible votre consommation de viande participe à la réduction de l’impact environnemental à l’échelle mondiale.

Loger écoresponsable : plusieurs possibilités s’offrent à vous et transformeront considérablement votre séjour. Par exemple, n’avez-vous pas envisagé de loger chez l’habitant ? En plus d’enrichir votre voyage, cela réduira votre impact sur votre destination. Si cette possibilité n’est pas envisageable, misez sur les hôtels et hébergements labellisés ou avec une démarche écoresponsable avérée.

Attention à l’origine de vos achats : N’achetez jamais d’animaux vivants, d’objets souvenirs d’origine animale ou d’espèces menacées (hippocampes, ivoire, corail, étoiles de mer, éponges…). Ce commerce valorise l’exploitation animale, la souffrance et la détérioration des milieux naturels. Plus encore, cela soulève de grandes questions et problématiques d’un point de vue éthique.

Consommer local et artisanal : c’est la clé des voyages authentiques et d’un impact environnemental réduit. En plus de cela, consommer local contribue au maintien de la vie traditionnelle, culturelle et surtout, au développement économique d’une région. Maintenir les savoir-faire à travers le monde passe donc par le soutien, l’apprentissage et la valorisation de l’artisanat.

Penser au bien-être des animaux : certains voyageurs n’ont pas de scrupules et ne se privent pas d’une virée à dos de dromadaires, d’ânes ou d’éléphants ou de nager avec des dauphins dans un parc d’attraction. Pensez aux conditions de vie en captivité voire de maltraitance de ces animaux. Votre simple participation approuve le maintien de ces activités. Alors qu’il n’y a rien de tel que d’observer ces animaux dans leur habitat naturel.

Délaisser les activités polluantes : jet-ski, saut en parachute, sortie en quad et j’en passe, sont des activités dont l’impact négatif sur l’environnement est colossal. Responsabilisez vos activités ne rendra pas votre séjour plus platonique. Il y en existe un grand nombre comme le surf, ou le cani-VTT qui donneront une tout autre allure à votre voyage.

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