Que voir, que faire en Macédoine du Nord ?

Vanessa, Journaliste montagne/environnement et voyages
Vanessa, Journaliste montagne/environnement et voyages

C’est suite à une interview de l’alpiniste macédonienne Ilina Arsova que j’ai eu l’occasion de faire un premier voyage en Macédoine au printemps 2014, invitée par cette dernière et j’ai tellement accroché avec ce pays, ses habitants et sa culture que j’y suis retournée plusieurs fois à différentes saisons.
Il y a en effet tant de sites incroyables à visiter et de belles expériences à vivre dans cette petite nation de la péninsule balkanique ! Je vous présente donc ma sélection de lieux à découvrir, allant des plus connus aux plus insolites et confidentiels. Les amateurs de grands espaces seront comblés car la Macédoine couvre de vastes zones montagneuses et forêts sauvages : les trois parcs nationaux de Galicica, Mavrovo et Pelister abritent des paysages magnifiques parsemés de lacs ainsi qu’une riche faune et flore endémique. Avis aux passionnés de sports en tout genre : vous n’aurez que l’embarras du choix entre randonnée, VTT, kayak, parapente, escalade, ski... L’aspect culturel ne sera bien sûr pas en reste car le pays jouit d’un patrimoine historique et religieux de tout premier ordre : vous serez immédiatement séduits et dépaysés en déambulant dans le Vieux Bazar de Skopje ou bien en visitant les ruines antiques de Bitola. Enfin, votre périple sera aussi l’occasion de savourer une gastronomie locale mêlant saveurs de diverses influences ainsi qu’un vin léger et fruité, notamment dans la belle région de Tikves non loin des frontières grecques et bulgares.
Vous l’aurez compris, la Macédoine rassemble une multitude de points d’intérêts d’ordre naturel, sportif, culturel, gastronomique dans un petit périmètre. Elle saura séduire tous les profils et tous les âges et peut se visiter à toutes les époques de l’année, même au cœur de l’hiver pour les amateurs de ski !

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Notre sélection de lieux à voir

La capitale Skopje
Temps de visite : Une journée
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La capitale Skopje note 2

Culture Architecture Musées Shopping Histoire

Peuplée de seulement un demi-million d’habitants, la petite capitale de la Macédoine est loin d’être l’une des métropoles européennes les plus fréquentées et pourtant, elle recèle de nombreux lieux intéressants et mérite largement d’y flâner au moins une journée. En 1963, un violent tremblement de terre a dévasté une bonne partie du centre-ville de l’époque mais a heureusement en partie épargné son quartier le plus intéressant, celui du Vieux Bazar ou "Stara Carsija". Depuis la grande place de la Macédoine, on franchit le Pont de Pierre, un bel édifice ottoman qui enjambe le fleuve Vardar, et on a alors la sensation de changer de continent et de pénétrer en Orient au fil des ruelles pavées tortueuses du plus vieux quartier de la ville. Ces dernières portent les noms des artisanats séculaires de cet endroit fondé par les Turcs à la fin du 14e siècle, tels que le textile, la tannerie, ou encore la ferronnerie. Vous prendrez un plaisir tout particulier à contempler les étalages du "Bit Paza", le plus grand bazar des Balkans en dehors d’Istanbul et un immense marché où l’on trouve de tout, allant des épices savoureuses à de rares pièces de brocante...

Le conseil de Vanessa : Le café turc est une véritable institution dans le pays et les Macédoniens en consomment à toute heure de la journée. Une des meilleures adresses pour le déguster est le café Menada, vestige des grandes heures du Vieux Bazar dans les années 1980-1990 et lieu de rendez-vous de nombreux artistes avec une intéressante programmation musicale.

Le canyon de Matka
Temps de visite : Une journée
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Le canyon de Matka note 2

Nature Rando Patrimoine Sports

Situé à moins d’une heure de route de Skopje, le canyon de Matka est une destination prisée des Macédoniens et constitue une excursion idéale à la journée depuis la capitale. Le site est constitué d’une longue gorge occupée par un lac artificiel, formant un beau canyon sur la rivière Treska aux magnifiques teintes vert émeraude. Le monastère Saint-André, construit au 14e siècle, est bucoliquement posé sur les berges du lac et on peut y contempler de belles fresques aux teintes bleutées. Des sentiers de randonnée creusés dans le canyon vous permettent de profiter de superbes points de vue au fil de l’eau. Les denses forêts environnantes abritent une riche biodiversité dont certaines espèces endémiques, parmi lesquelles le fameux papillon des Balkans. Enfin, l’endroit est également réputé pour ses grottes et phénomènes karstiques remarquables, ainsi que pour l’un des plus profonds siphons naturels au monde.

Le conseil de Vanessa : Une façon astucieuse de profiter au mieux de la beauté du site est de faire une excursion en petit bateau tôt le matin vers la grotte Vrelo, la seule ouverte au public. Une balade d’une heure au cœur du canyon vous permet d’atteindre l’entrée et l’on pénètre alors dans un monde féérique de concrétions karstiques. Détail intéressant, c’est l’une des plus profondes grottes inondées au monde, dont on ne connaît pas encore la profondeur exacte, mais elle serait estimée à environ deux cent mètres.

Tetovo et sa mosquée peinte
Temps de visite : Une demi-journée
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Tetovo et sa mosquée peinte note 2

Histoire Art et Culture Architecture Patrimoine Artisanat

La ville de Tetovo, qui se trouve à seulement 40 kilomètres de Skopje, peut constituer la première étape d’un circuit en Macédoine. Cette ville de 150 000 habitants est située dans la plaine du Polog, juste au pied des monts Sar. Proche du Kosovo, les deux tiers de sa population sont d’origine albanaise et elle est même considérée comme la capitale officieuse des Albanais de Macédoine du nord, ce qui n’a pas été sans poser quelques problèmes au cours du passé. Elle est aujourd’hui réputée pour son artisanat, notamment le travail du bois pour la construction de meubles.
Il est agréable de passer un moment dans les rues de son centre-ville, notamment pour admirer son étonnante mosquée peinte construite par les Turcs au milieu du 15e siècle. Des formes multicolores de toute beauté sont représentées sur une multitude de panneaux de bois qui ornent ses murs. Trente mille œufs ont été nécessaires pour élaborer le liant dans la peinture ! Autre monument rare et remarquable au niveau architectural, l'"Arabati Baba Tekke", un couvent réservé aux Soufis datant du 16e siècle aux nombreux éléments de bois sculpté. Vous l’aurez compris, la Macédoine abrite un riche patrimoine datant des diverses époques qui ont marqué son histoire !

Le conseil de Vanessa : Après la visite de son centre-ville, il sera intéressant de réaliser une petite balade jusqu’à sa forteresse datant du début du 19e siècle, juchée sur la colline Balltepe qui domine Tetovo. De là, on peut jouir d’une vue imprenable sur la ville ainsi que sur les monts Sar et Ljuboten environnants.

Le parc national de Mavrovo
Temps de visite : 2 jours
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Le parc national de Mavrovo note 2

Parc et jardin Nature Montagne Observation de la faune Rando

Le parc national de Mavrovo s’étire au nord-ouest de la Macédoine le long de la frontière albanaise. Fondé en 1952, c’est le plus ancien des trois parcs du pays, les deux autres étant ceux de Galicica et de Pelister. Cette vaste zone sauvage et d’une grande beauté englobe les monts Korab, Desat et Bistra.
La porte d’entrée du parc est le petit village de Mavrovi Anovi situé à 1200 mètres d’altitude et lové sur les bords d’un lac de barrage artificiel, avec diverses possibilités d’hébergement et de restauration.
Détail surprenant et photogénique à souhait, on peut observer depuis les rives du lac le clocher de l’église de l’ancien village englouti, qui surgit littéralement des eaux. Les paysages très variés — gorges, sources, forêts, torrents, lacs glaciaires — en font un paradis pour la randonnée pédestre. De nombreux sentiers de tous niveaux et en général bien fléchés sillonnent le parc. On peut y contempler une faune et flore extrêmement riches : de nombreuses espèces de fleurs dont l’asphodèle, mais aussi ours, loups, lynx, cerfs, bouquetins qui peuplent ses montagnes. La fin d’été et le début de l’automne constituent une période idéale pour visiter le parc : la chaleur y est moins intense et les forêts de feuillus se parent de teintes sublimes. C’est également la période de récolte des champignons pour les amateurs de ces trésors de la nature.

Le conseil de Vanessa : Le parc abrite le beau sommet Golem Korab, point culminant de la Macédoine avec ses 2 764 mètres. Une grande ascension ouverte à tous est organisée chaque année le jour de la fête nationale le 8 septembre. Cet événement d’une grande convivialité attire plus de mille randonneurs et offre la possibilité d’admirer sur le parcours la cascade du Korab, la plus haute chute d’eau des Balkans avec ses 138 mètres.

Le lac Ohrid et sa vieille ville
Temps de visite : Une journée
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Le lac Ohrid et sa vieille ville note 2

Histoire Art et Culture Architecture Patrimoine mondial de l'Unesco Lac

Capitale touristique du pays, Ohrid est classée patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1979. Celle qu’on surnomme la « Jérusalem des Balkans » fut dès le 9e siècle un grand centre religieux et culturel : Saint Clément d’Ohrid y fonde alors un grand archevêché et participe à l’élaboration de l’alphabet cyrillique. La vieille ville ou « Varos », dominée par l’imposante forteresse de Samuel, est idéalement située sur les bords du lac. Ses ruelles étroites et sinueuses sont une invitation à s’y perdre et elles abritent de splendides maisons de bois à encorbellement aux influences byzantines datant de la fin du 18e siècle.
Le patrimoine d’Ohrid est le reflet des diverses strates historiques de l’histoire complexe et fascinante de la Macédoine : monuments grecs - vestiges d’un théâtre antique -, slaves - diverses églises et monastères -turcs - les étals du bazar... De nombreux bars et restaurants permettent de faire une halte bien méritée et de goûter les saveurs de la cuisine macédonienne, ainsi que de contempler les magnifiques teintes bleutées du lac Ohrid. Ce dernier est le plus profond lac d’Europe et l’un des plus anciens au monde avec les lacs Baïkal et Titicaca. D’une superficie de 358 km2, il forme un bel ovale et est entouré de montagnes, partageant une frontière commune avec l’Albanie. On peut y réaliser d’agréables excursions en bateau et déguster sa truite endémique.

Le conseil de Vanessa : Un des plus beaux points de vue pour admirer à la fois la vieille ville et le lac se trouve depuis la petite église byzantine Saint-Jean de Kaneos datant du 13e siècle. Située sur un promontoire rocheux juste au-dessus du centre historique, la vision des vieilles pierres et du bleu saphir du lac au coucher du soleil ravira les amateurs de photographie.

Le monastère de Sveti Naum
Temps de visite : Une demi-journée
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Le monastère de Sveti Naum note 2

Histoire Art et Culture Architecture Religion

Construit au 10e siècle, le monastère de Sveti Naum est l’un des lieux les plus fréquentés du pays avec son architecture typiquement byzantine. Cette dernière a cependant été modifiée au cours des siècles, son aspect actuel datant surtout des 18 et 19e siècles. Il est situé sur la rive sud du lac juste avant la frontière albanaise et l’on peut s’y rendre en bateau pendant la saison estivale depuis la ville d’Ohrid ; donnant l’occasion d’une belle balade sur le lac.
Sveti Naum est un lieu très important pour les Macédoniens de confession orthodoxe : les restes du Saint qui a fondé le lieu sont exposés dans une petite chapelle et associés à des miracles de guérison. La légende dit aussi que la pierre au-dessus de ces reliques réaliserait les souhaits de la personne qui la touche et que l’on peut entendre le cœur de St Naum battre dans la chapelle. Le 3 juillet, jour de la fête du monastère, voit ainsi une foule de pèlerins déferler. Le lieu offre de beaux points de vue sur le lac et la montagne Galicica, et il est agréable de déambuler dans ses jardins, au milieu desquels des paons se promènent en toute liberté.
Autre détail intéressant, Sveti Naum se situe à l’endroit où les eaux du lac de Prespa se déversent dans le lac Ohrid, surgissant de galeries souterraines au milieu d’arbres et de marécages. Il est possible de réaliser de petites balades en barque pour contempler une végétation et des eaux d’une grande limpidité et d’un vert sublime.

Le conseil de Vanessa : Moins connu que Sveti Naum, le site de « Zaliv na Koskite  » peut également faire l’objet d’une halte en bateau. On peut y admirer une reconstitution très fidèle des villages palafittes d’Ohrid datant de l’époque du Néolithique jusqu’à l’Âge du Fer. Le site a été construit il y a 10 ans et abrite maisons en torchis sur pilotis ainsi que des reproductions d’objets découverts lors des fouilles.

Le lac de Prespa et le parc national de Galicica
Temps de visite : Une journée
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Le lac de Prespa et le parc national de Galicica note 2

Nature Lac Montagne Rando Observation de la faune

Créé en 1958 afin de protéger la faune et la flore locale, le parc national de Galicica se situe entre les deux lacs d’Ohrid et Prespa. Il est constitué par les monts Galicica, une chaîne calcaire avec un surprenant réseau karstique : par un système de grottes et rivières souterraines, les eaux du lac de Prespa alimentent celui d’Ohrid. On peut y admirer une flore très riche et près de 200 espèces endémiques, dont certains papillons incroyables ! Ses belles forêts de hêtres et de bouleaux abritent également ours, chamois et sangliers. Une route en lacet traverse le parc et relie les deux lacs, en passant par le col de Livada, duquel on a une vue splendide sur lacs et montagnes.
Plusieurs sentiers de randonnée partent depuis le col, notamment celui qui mène au point culminant du parc, le mont Magaro avec ses 2 255 mètres. Il ne comporte pas de difficultés particulières et l’on passe du couvert forestier à une lande d’altitude, avec un panorama à couper le souffle depuis le sommet. C’est en basculant de l’autre côté du col que l’on trouve le lac de Prespa, plus petit et moins profond que celui d’Ohrid, qui se partage entre la Macédoine, l’Albanie et la Grèce. Il est aussi beaucoup moins fréquenté mais est peut-être plus charmant avec ses plages tranquilles et ses réserves naturelles. Sur sa rive est, le petit village de Brajcino se distingue quant à lui par sa belle architecture traditionnelle, et est en train de devenir une référence en matière de tourisme rural.

Le conseil de Vanessa : Si vous vous sentez une âme d’aventurier, vous pouvez faire l’excursion en bateau depuis le village de Konjsko que l’on atteint par une piste jusqu’à l’île de Golem Grad ou « île aux Serpents ». Cette dernière est un sanctuaire pour de nombreux animaux, notamment des reptiles, mais on peut aussi observer tortues, cormorans et pélicans. L’île est inhabitée et on peut y visiter les vestiges d’un village romain.

Le village de montagne de Galicnik
Temps de visite : Une journée
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Le village de montagne de Galicnik note 1

Histoire Art et Culture Architecture Montagne Rando

Perché à 1 611 mètres d’altitude, le petit village montagnard de Galicnik constituera sans aucun doute l’un des coups de cœur de votre périple en Macédoine. Il se situe dans la zone du parc national de Mavrovo, plus précisément au niveau de la région sauvage et isolée de la Reka, marquée par une forte identité pastorale au cours de son histoire. Habitée par les nomades valaques éleveurs et bergers et par les Mijaks, ethnie légèrement différente du reste des Macédoniens, la vie de Galicnik fut rythmée pendant des siècles par les saisons et la production de bois, de laine et de fromage (notamment le fameux « kaskaval » , une sorte d’emmental). Les Mijaks étaient également renommés pour leurs talents de peintres d’icônes ainsi que de bâtisseurs et de menuisiers, ce qui explique la splendide architecture de bois et de pierre.
L’accès à Galicnik se fait soit à pied depuis le village de Jance par un sentier raide de quatre kilomètres ou bien depuis Mavrovo par une route étroite et cabossée à travers les magnifiques hauts plateaux de Bistra. Lorsqu’on atteint enfin le village construit à flanc de montagne, la sensation est saisissante : le site en lui-même est spectaculaire et la vue est tout simplement sublime sur la vallée de la rivière Radika en contrebas et sur les hauts sommets environnants. Progressivement vidé de ses habitants au siècle dernier du fait de sa difficulté d’accès et peuplé désormais de seulement 3 habitants à l’année, Galicnik revit à la saison estivale grâce au développement de l’écotourisme.

Le conseil de Vanessa : Cela peut être intéressant de visiter Galicnik à la mi-juillet pendant le Festival du Mariage. On peut y admirer costumes traditionnels, musiciens et danseurs. Chaque moment de l’événement est très codifié et correspond à une symbolique ancienne. On peut ainsi assister à la procession vers le cimetière, au rasage du marié, à une simulation du rapt de la mariée...

Les forêts du parc national du Pelister
Temps de visite : Une journée
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Les forêts du parc national du Pelister note 1

Nature Lac Montagne Rando Forêts

Le parc national du Pelister est le plus ancien des trois parcs nationaux de Macédoine. Créé en 1948 à l’époque de l’ex-Yougoslavie, il se situe entre le lac de Prespa et la plaine de Pélagonie et englobe les monts Baba, culminant à 2 601 mètres au Pic Pelister. Le but premier de sa fondation était de protéger un des emblèmes du pays, le fameux pin « molika », une espèce endémique de la région. Une grande partie du parc est ainsi couverte de ces belles forêts, mais son attrait réside également dans ses nombreux cours d’eau qui se jettent dans le lac de Prespa ou la mer Égée. La biodiversité y est très riche : il concentre un tiers de la flore macédonienne, dont près de cent espèces d’arbres, et ses forêts sont peuplées par des ours bruns, loups, cerfs, sangliers, perdrix bartavelles, aigles royaux...
Le village de Trnovo est la porte d’entrée du parc, à partir duquel il existe de nombreux sentiers de randonnée pédestre ou à vélo. L’excursion la plus recherchée consiste à monter jusqu’à deux beaux lacs glaciaires appelés les « yeux du Pelister  ». Situé à 2 200 mètres d’altitude, le plus grand des deux, le « Golemo Ezero  », se distingue par sa forme ovale parfaite et ses tons superbes allant du vert au bleu saphir. Des refuges permettent également de randonner sur plusieurs jours dans le parc. On peut enfin envisager la longue et belle ascension du mont Pelister à travers forêts denses et parties rocheuses. Vous l’aurez compris, ce parc a de nombreux trésors à vous dévoiler et vous n’hésiterez pas à partir à leur rencontre pendant quelques jours !

Le conseil de Vanessa : Fait beaucoup moins connu, la Macédoine constitue une destination vraiment originale pour venir skier en hiver. Dans la zone du parc, les villages traditionnels valaques de Kopanki et Nizepole comportent quelques remontées mécaniques et vous garantiront une expérience vraiment dépaysante! Si vous êtes amateur de ski de randonnée, les montagnes environnantes s'y prêtent parfaitement et vous permettront d'évoluer au sein de superbes paysages.

Les gorges de Demir Kapiya
Temps de visite : Une journée
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Les gorges de Demir Kapiya note 1

Nature Sports Rando Vignobles Histoire

Peuplée de cinq mille habitants, la petite ville de Demir Kapiya se situe dans le sud de la Macédoine sur l’axe Skopje-Thessalonique. Envahie au 14e siècle par les Turcs, elle leur doit son nom actuel, signifiant littéralement les « Portes de Fer ». Elle se trouve en effet à l’entrée d’une gorge sur le fleuve Vardar, dernier resserrement avant qu’il ne se jette dans la mer Égée. Demir Kapiya a occupé une position stratégique pendant des siècles, verrou entre pays balkaniques et ceux du bassin méditerranéen. Mais aujourd’hui, elle attire les visiteurs pour la beauté spectaculaire de ses gorges, longues d’une trentaine de kilomètres et hautes de plusieurs centaines de mètres.
L’endroit est le refuge d’espèces rares comme le vautour à tête blanche ou l’aigle royal et abrite une riche flore endémique. Afin de profiter au mieux du site, il est préférable de prendre la petite route qui longe la rive droite du Vardar. Un sentier permet également d’accéder sur le haut des gorges où se trouvent les ruines des forteresses médiévales de Prosek, Postralec et Ramniste. Les points de vue depuis le sommet de ces grands pitons rocheux sont tout simplement superbes. Enfin, Demir Kapiya est le paradis des activités de plein air : les amateurs de kayak, escalade, randonnée et spéléologie seront comblés par les diverses possibilités qui s’offrent à eux !

Le conseil de Vanessa : Avec son climat chaud et sec, Demir Kapiya est un des hauts lieux de la culture du vin en Macédoine. La cave à vin Elenov est la plus ancienne du pays et le vignoble de Popova Kula s’est quant à lui spécialisé dans des cépages locaux. On y trouve un espace dégustation ainsi qu’un hôtel-restaurant.

Les ruines antiques de Bitola
Temps de visite : Une demi-journée
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Les ruines antiques de Bitola note 1

Histoire Art et Culture Architecture Patrimoine

Troisième ville du pays, Bitola est située dans le sud du pays au niveau de la plaine de Pélagonie, à une quinzaine de kilomètres de la Grèce. Traversée par la rivière Dragor, un affluent du Vardar, elle abrite un riche héritage architectural témoin des différentes influences de l’histoire du pays. Il est très agréable de flâner le long de sa rue principale, « Sirok Sokak », bordée par de nombreux cafés et restaurants et présentant une architecture typique de l’empire austro-hongrois avec ses façades enduites de stuc de couleur et sa foison de détails. Le centre-ville est assez restreint et se visite facilement. L’autre principal point d’intérêt est le Vieux Bazar ottoman avec ses maisons basses typiques, son « Bezisten » ou vaste marché couvert, son hammam, sa mosquée « Jeni », l’un des plus beaux exemples d’architecture islamique en Macédoine, transformée désormais en galerie d’art.
Mais ce qui fait la renommée de Bitola est sans conteste les vestiges de sa ville antique. Fondée au milieu du 4e siècle avant Jésus-Christ par Philippe II de Macédoine, père d’Alexandre le Grand, « Heracela Lyncestis » fut un centre prospère avant de décliner face à diverses invasions et à un violent tremblement de terre au 6e siècle. On peut y admirer aujourd’hui les restes d’un théâtre, de basiliques et de fortifications, le joyau de ce site situé sur une petite colline à l’extérieur de la ville étant ses mosaïques multicolores représentant des animaux possédant une symbolique forte pour les premiers chrétiens (poissons pour le Christ, paons pour la résurrection, cygnes pour la pureté...).

Le conseil de Vanessa : Situé à une centaine de kilomètres au nord-est de Bitola, le site antique de Stobi mérite également une visite. Fondé au 4e siècle avant Jésus-Christ, il fut lui aussi un centre culturel et commercial important, situé sur un axe reliant la mer Noire à l’Adriatique. Proche de la bourgade de Gradsko, le site est encore en fouilles et environné par plusieurs vignobles.

Le monastère de Treskavets
Temps de visite : Une demi-journée
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Le monastère de Treskavets note 1

Histoire Art et Culture Architecture Patrimoine Religion

C’est par une petite route escarpée et sinueuse au milieu d’un splendide chaos rocheux que l’on accède au monastère de Treskavets, dominant la plaine de Pélagonie et la petite ville de Prilep toute proche. Situé dans le centre du pays à près de 1 300 mètres d’altitude et proche de la cime du mont Zlatovrv, il abrite en son sein une petite église construite au 5e siècle. Les bâtiments monastiques aux alentours ont malheureusement été ravagés par un incendie il y a quelques années mais dès que l’on franchit la magnifique porte en bois sculpté datant du 16e siècle, on a la sensation de pénétrer dans un autre monde. Des fresques aux multiples tonalités revêtent les murs de cet édifice religieux qui pourrait servir de décor aux aventures du personnage Indiana Jones dans le film « Les Aventuriers de l’Arche perdue ».
Le site de Treskavets existe depuis l’Antiquité comme en témoignent les vestiges d’un temple romain dédié à Artémis et Apollon mais il a acquis une certaine notoriété surtout depuis le Moyen Âge car le monastère faisait figure de lieu de pèlerinage pour les malades. Aujourd’hui, outre son intérêt religieux et architectural, le lieu attire également les amateurs d’escalade et de parapente avec son fascinant chaos rocheux en contrebas du monastère et ses thermiques souvent favorables.

Le conseil de Vanessa : Pour les amateurs d’architecture religieuse, il ne faut pas passer à côté de la visite du monastère de Zrze, situé à 35 kilomètres de Prilep au nord de la plaine de Pélagonie et construit sur les flancs de la montagne Dautica. Il renferme des icônes parmi les plus célèbres de Macédoine et jouit d’une magnifique situation perché sur une falaise au beau milieu d’un paysage verdoyant.

L'architecture typique de Krusevo
Temps de visite : Une journée
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L'architecture typique de Krusevo note 1

Histoire Art et Culture Architecture Patrimoine Nature

Ville la plus haute de Macédoine, Krusevo se situe à 1 350 mètres d’altitude sur les flancs du mont Baba dans le massif de la Busova. Elle est célèbre pour son rôle-clé dans l’histoire du pays : le premier micro-État macédonien moderne y fut déclaré en 1903 dans un mouvement de rébellion contre l’occupation ottomane. Mais elle est également réputée pour la belle architecture de ses demeures datant du 18e siècle lors de l’installation d’opulents commerçants valaques. Il est aujourd’hui très agréable de déambuler dans ses ruelles pavées en pente qui quadrillent la douzaine de quartiers étagés ayant pour centre le bazar ou « carsijo », le pittoresque quartier commerçant. Les différentes demeures à encorbellement et faites de bois et torchis abritent pour certaines de charmantes échoppes où vous pourrez trouver des souvenirs typiques de la région.
Autre curiosité architecturale datant des années 1970, le « Makedonium » a été érigé au nord de la ville pour commémorer le soulèvement de 1903. Il a une forme curieuse d’atome géant en béton et la tombe de Nikola Karev, président de cette éphémère République qui dura seulement dix jours, se trouve à l’intérieur. Dans un registre plus sportif, la montagne Meckin Kamen toute proche est un lieu prisé des amateurs de parapente et de nombreux sentiers VTT et de randonnée ont été aménagés au cours de ces dernières années. La ville dispose aussi d’une petite station de ski de fond et alpin et les abondantes chutes de neige y sont fréquentes en hiver...

Le conseil de Vanessa : Les amateurs de peinture ne manqueront pas la visite de la galerie Nikola Martinoski qui rassemble des œuvres du peintre natif de Krusevo. Situé dans une des plus belles maisons de la ville, on y trouve surtout des portraits du siècle dernier influencés à la fois par les fresques macédoniennes et l’expressionnisme parisien.

La vieille ville de Kratovo
Temps de visite : Une demi-journée
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La vieille ville de Kratovo note 1

Histoire Art et Culture Architecture Patrimoine Shopping

Peuplée d’un peu moins de dix mille habitants, Kratovo se situe dans le nord-est de la Macédoine et comme Krusevo, elle est réputée pour son architecture, mais cette fois-ci pour le caractère pittoresque de son centre médiéval. Nichée à 600 mètres d’altitude au pied du massif sauvage de l’Osogovo et entourée de vastes forêts, elle a la particularité d’être construite dans le cratère d’un ancien volcan aujourd’hui éteint. Ses sous-sols riches en fer contribuèrent à l’ouverture de mines dès le 13e siècle, et ce jusqu’à la fin du 19e siècle lorsque ces dernières commencèrent à s’épuiser.
La principale curiosité de la ville est le vestige de tours de défense car la richesse minière de la ville attisait alors les convoitises : sur les dix-sept bâties au Moyen-Age, douze tours subsistent dont six encore en bon état. Toutes sont en pierre et seule la tour de l’Horloge est ouverte aux visiteurs. On trouve également quatre beaux ponts de pierre construits par les Ottomans entre le 17e et le 19e siècle. Kratovo ne fait pas partie des lieux les plus connus et fréquentés de Macédoine mais vous serez d’autant plus séduits par la beauté de son site et le caractère authentique de l’endroit. Vous aurez plaisir à vous balader au cœur de ses ruelles bordées de commerces typiques.

Le conseil de Vanessa : Proche de Kratovo, le curieux site géologique de Kouklitsa mérite largement le détour. Plus d’une centaine de cheminées de fée forment un décor féérique sculpté par l’érosion au cours du temps. Une légende locale raconte qu’un homme ne pouvait choisir laquelle des deux femmes il voulait épouser et décida d’organiser les deux mariages le même jour. La deuxième épouse surprit la première cérémonie et y pétrifia tout le monde par vengeance...

Conseiller où partir
Vanessa,
Journaliste montagne/environnement et voyages

L'avis de Vanessa

La Macédoine m’a toujours semblé un pays assez mystérieux, tout droit sorti d’un livre d’histoire. Les Balkans sont pourtant proches en distance géographique mais ils évoquent une culture bien lointaine. C’est grâce à l’invitation de l’alpiniste macédonienne Ilina Arsova que je m’y suis rendue une première fois au printemps 2014 et quelle superbe expérience de voyage ce fut ! Des moments uniques à randonner à ski en sa compagnie sur les pentes de la montagne Galicica avec pour toile de fond le bleu saphir du lac Ohrid et les sommets enneigés d’Albanie ! Ou bien encore la vision du monastère de Treskavets surgissant d’un chaos rocheux au-dessus de la plaine de Prilep et le survol en parapente avec Igor Todevski du très beau village de montagne de Krusevo.
Ce ne furent pas seulement ces magnifiques paysages et monuments qui m’ont marquée mais également ces rencontres avec ces hommes et femmes macédoniens, dont certains sont devenus de véritables amis au fil des ans. Beaucoup font preuve d’une personnalité bien affirmée et d’un sens de la fête affuté. Certaines soirées hautes en couleur étaient dignes d’un film d’Emir Kusturica. Ce fut le début d’autres aventures dans le pays, la découverte en profondeur du parc national de Mavrovo et la rencontre avec Dimitar Popov, qui a ouvert il y a quelques années une maison d’hôtes à Mavrovi Anovi et se bat pour faire avancer l’écotourisme et le respect de l’environnement dans son pays. Parmi tous les endroits que j’ai eu l’occasion de parcourir, la Macédoine est certainement l’un des plus attachants : j’y ai été comblée en tant qu’amoureuse de la nature et des grands espaces, alternant randonnée, escalade, parapente, ski...
Les amateurs de gastronomie, de musées et de festivals trouveront également leur bonheur avec les nombreux événements qui se déroulent aux quatre coins du pays sur toute l’année. Quant aux amoureux des vieilles pierres, sa riche histoire tumultueuse a donné naissance à un patrimoine historique et religieux de première importance, dont les Macédoniens tirent une grande fierté !
Voyager par soi-même avec son propre véhicule ou une voiture de location est très facile : beaucoup d’habitants parlent très bien anglais et se feront un plaisir de vous renseigner afin de rendre votre expérience la plus agréable possible. Vous l’aurez compris, la Macédoine n’attend plus que vous et saura vous séduire avec ses nombreux charmes et atouts !

Carte interactive des lieux à visiter